La pyramide de Khéops, emblème de l’Égypte antique, n’a jamais totalement livré les secrets ayant rendu possible une telle prouesse architecturale. Depuis cinq ans, une équipe franco-égyptienne teste une méthode innovante pour faire parler ses murs. Avec succès.
À chaque découverte, le mystère s’épaissit encore. 4 200 ans après sa construction, la Grande Pyramide de Khéops, en Égypte, ne cesse de mobiliser les scientifiques, déterminés à percer les secrets de cette prouesse architecturale.
Depuis cinq ans, une mission nommée ScanPyramids s’emploie à radiographer cette construction, la première des Sept Merveilles du monde antique, sur le plateau de Gizeh, à quelques kilomètres du Caire.
Cette équipe franco-égyptienne, coordonnée par l’Université du Caire et l’institut HIP (Héritage-Innovation-Préservation), a utilisé une méthode innovante en archéologie : la muographie, qui permet d’analyser les espaces vides et pleins à l’intérieur d’un édifice, et ce, sans avoir à porter atteinte aux murs. Grâce à cette technique, ils ont fait, en novembre 2017, une découverte majeure dans un endroit resté inaccessible.
À l’intérieur de ce monument emblématique de l’Égypte antique se trouverait une cavité,inconnue jusque-là et mesurant plus de 30 mètres de long, soit la taille d’un avion de ligne de 200 places. Totalement clos, à quelques dizaines de mètres de la chambre de la reine, il n’aurait pas été pénétré depuis la construction de la pyramide.
Depuis, les chercheurs ont continué à étudier ce« grand vide », comme ils l’ont surnommé. Et ils vont d’avancée en avancée : « Après l’avoir étudié sous de nouveaux angles depuis la grande galerie, mais aussi depuis le dessus de la chambre du roi, nous supposons maintenant que ce vide est sans doute d’un seul tenant : il ne s’agirait donc pas d’une succession de petites pièces accolées les unes aux autres, à moins qu’elles soient séparées par des cloisons très minces », révèle au journal Le Parisien Mehdi Tayoubi,qui codirige la mission.
Surtout, le scientifique explique que la cavité serait finalement plus grande qu’on ne l’imaginait : elle atteindrait les 40 mètres. Une dimension encore plus spectaculaire, qui laisse les portes ouvertes à toutes les hypothèses quant à la fonction de cet espace.
« Pour certains, il s’agirait simplement de ce que l’on appelle « une chambre de décharge », autrement dit d’un vide destiné à soulager la grande galerie du poids du haut de la pyramide. Bref, éviter qu’elle ne s’écroule »,explique au Parisien Mehdi Tayoubi.
Mais pour lui, cette hypothèse n’est pas la plus évidente : il n’exclut pas la possibilité d’une pièce reliée par des circuits secrets de couloirs. Ni même l’idée d’y trouver la dépouille de Khéops, le pharaon ayant donné son nom à la pyramide…